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EXCLUSIF : AZZEDDINE MIHOUBI à Ouest Info : "Je m’engage à la consolidation de l’Etat de droit"

Dans le cadre de la campagne électorale aux élections présidentielles, le quotidien Ouest Info a pris contact avec les cinq candidats en course. Une première dans les annales de la presse nationale en invitant les cinq postulants à l'investiture suprême à s'exprimer pour nos fidèles lecteurs et lectrices . Aujourd'hui, nous ouvrons le bal avec le candidat Azzedine Mihoubi dans un entretien à bâtons rompus et dans une totale transparence . Nous rappelons que le candidat Azzedine Mihoubi, né le 1ᵉʳ janvier 1959 à Aïn Khadra dans l'actuelle wilaya de M'Sila en Algérie, est un journaliste, poète, romancier et homme politique algérien. Ministre de la Culture de 2015 à 2019, puis secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique depuis le 20 juillet 2019. Nous remercions toute fois M. Azzedine Mihoubi d'avoir répondu favorablement à notre invitation. Écoutons-le : De notre bureau à Paris Y.Houmad Ouest info Les éléctions présidentielles arrivent à grands pas, le président Bensalah, président par intérim depuis le 9 avril 2019 après vingt ans de règne de Abdelaziz Bouteflika. Que souhaitez-vous à l’Algérie ? Azzedine Mihoubi : Ah ! Tout le bonheur du monde ! Une entière paix et un prospère développement ! Notre pays est à la veille d’une échéance charnière de son histoire contemporaine. Mon souhait aussi est que cette élection présidentielle puisse être une opportunité pour une sortie de crise en Algérie, qu’elle puisse s’écrire dans une nouvelle page et prendre départ sur une nouvelle base et qu’elle soit, enfin, couronnée par l’élection d’un Président de la République légitime auquel échoira la mission de rassembler les algériens et de consolider le ciment national, et là j’en viens à votre seconde question. OI : Selon vous, quel est le type de Président capable d'incarner et de rassembler le pays ? AM : De mon point de vue, il ne s’agit pas de typologie ou de critériologie à définir par avance. Il s’agira plutôt d’élire un Président légitime qui a une vision, un projet et une ambition pour l’Algérie ; Un Président de tous les algériens sans distinction ni exclusion, certainement pas le Président d’un clan, d’un pouvoir ou d’une région, ce temps là étant révolu, et c’est là l’engagement de Monsieur le Vice-ministre de la Défense Nationale, Chef d’Etat-major de l’Armée Nationale Populaire lorsqu'il affirme que « le temps de la fabrication des Présidents est définitivement révolu » ; Un président courageux et capable de rassembler et de conduire les réformes nécessaires pour faire sortir le pays de l’ornière ; et enfin, un Président fort et juste, jouissant d’une légitimité populaire et démocratique. OI : Quatre autres prétendants connus dans cette course à la présidentielle : Ali Benflis, Abdelmadjid Tebboune ,Abdelkader Bengrina et Abdelaziz Belaïd. D’après-vous, quelles devront-être les qualités du futur président de la république démocratique de l’Algérie ? AM : Je crois que la troisième question est liée à la seconde et j’estime y avoir répondu. OI : Le pays traverse une énième crise politique depuis le 22 février 2019, à quoi est due cette fragilité en Algérie, cette dissension entre les partis politiques, cette querelle permanente entre les individus ? Comment expliquez-vous cela ? AM : La difficulté politique qui secoue notre pays depuis plusieurs mois, est avant tout et en dépit de son caractère multidimensionnel, une crise de gouvernance et une crise de confiance. Vous aurez remarqué que la crise politique est cyclique en Algérie. Il s’agit d’un cycle long de 30 ans (octobre 1988 – février 2019), correspondant à une génération. Lorsque le système politique dépasse une génération, il tombe en obsolescence et survient alors la crise. Avec ces mutations nous attendons la naissance de nouvelles élites politiques, de façon à garantir des alternances ordonnées et pacifiques. Contrairement à ce que vous suggérez, la crise n’est pas forcément symptomatique d’une fragilité, je l’appréhende, pour ma part, comme un facteur de résilience et une opportunité : une opportunité pour le changement. Autrement dit ; ce que vous qualifiez de fragilité n’est autre qu’une maturité. Une dynamique populaire. Quant à « la crise » que vous évoquez elle est simplement la résultante d’une mal gouvernance, d’une dérive autoritaire, d’une conception mono-céphalique du pouvoir, de l’absence de contre-pouvoirs. Elle résulte tout simplement de l’absence de bon sens. Ainsi son ampleur a révélé la profondeur du mal qui ronge notre pays, l’extrême vulnérabilité de l’Etat, la corruption endémique qui gangrène la sphère publique, la collusion dangereuse entre argent sale et politique, la prédation et la dilapidation des deniers publics, engendrant par conséquent, une érosion de la confiance entre les citoyens et l’Etat. OI : Les perspectives économique et sociales demeurent fragiles en Algérie car fortement dépendantes du secteur d’hydrocarbures, de la continuité des réformes amorcées et du climat politique. Quel sera votre plan pour stabiliser le pays et attirez les investisseurs ? AM : Aujourd’hui, les constats sont têtus dans le domaine économique. L’indicateur le plus révélateur est la part des hydrocarbures dans le PIB. Le contraste saisissant entre l’opulence financière des années 2000 et les modestes performances en terme de croissance, témoignent du fait que notre modèle de développement économique est aujourd’hui en panne : l’Algérie peine à trouver la voie de la diversification de son économie. Il faut l’admettre, l’Algérie a échoué le pari de la diversification hors-hydrocarbures. Le rêve de ceux qui ont eu cette ambition dans les années 60-70 - seule période où une stratégie de diversification a été tentée ne s’est malheureusement pas réalisé. Vous faites référence à l’environnement des affaires qui demeure tributaire du climat politique et de la stabilité juridique et réglementaire. L’effort d’amélioration du climat des affaires est au cœur de mon programme de redressement économique. Il se concentrera sur les domaines qui impactent le plus les entrepreneurs et les investisseurs, notamment : l’amélioration du cadre légal et réglementaire des affaires, la réforme du système bancaire et financier, la refonte de la législation fiscale, l’accès au foncier industriel et la dématérialisation de procédures pour les entreprises et l’administration électronique. En l’état, c’est toute une nouvelle approche dans l’intelligence économique nationale qui sera crescendo mise en œuvre. OI : L'heure est grave pour notre pays. L'enjeu est de préserver sa cohésion, d'organiser sa réconciliation. Seriez-vous à la hauteur ? AM : Étant un homme qui croit en les vertus du dialogue, je m’engage, si le peuple algérien m’accorde sa confiance, à lancer, sous le sceau de l’urgence, un large dialogue national inclusif, le plus large possible, entre tous les algériens, sans exclusion, sur une solution consensuelle de sortie de crise. Dans ce cadre là, je vous dirai, si intellectuel et homme de lettres j’ai bâti toute ma vie des œuvres d’amour et de paix ; Président je bâtirais l’amour, la paix et l’harmonie nationale. OI : Le programme de Mihoubi pour prévenir du chaos politique en Algérie? AM : Pour éviter le chaos politique, il n’existe par de recette magique. Mon programme, sous le slogan (Je m’engage) prévoit la consolidation de l’Etat de droit avec des institutions fortes, la réforme et la moralisation de la gouvernance publique. Le chaos n’est pas un sort, ni un destin forcément à subir. Il suffit tout simplement mettre les garde-fous pour prémunir contre les dérives autoritaires et l’arbitraire et garantir l’alternance et la transparence. OI : Des membres de la communauté algérienne établis à l’étranger, soutenus par leurs pairs en Algérie, sont montés au créneau pour dénoncer « l’offense » et « l’injustice » qui leur est faite à travers l’article 51 de la Constitution algérienne. Ils dénoncent notamment une violation du principe d’égalité des citoyens devant la loi. Allez-vous procéder au retrait de cet amendement lors si vous êtes élu ? AM : Cette communauté est là notre. Elle est une partie intégrale et sans nul amoindrissement du peuple algérien. La promotion donc de notre communauté nationale et diaspora à l’étranger, la mobilisation de celle-ci au service du développement de notre pays, ainsi que la protection de nos ressortissants dans le monde, sont des axes structurants de mon programme. Je m’engage et c’est un grand devoir patriotique à veiller à la préservation des droits, intérêts, sécurité et dignité de notre communauté dans les pays d’accueils, et au renforcement de ses liens avec la Patrie, ainsi qu’à la prise en charge de ses préoccupations. Pour revenir à votre question, effectivement l’article 51 de la Constitution a suscité une levée de bouclier chez notre communauté. Pour ma part, j’irais plus loin, je considère que l’article en question est anticonstitutionnel, puisque il est en porte-à-faux avec le principe sacro-saint de l’égalité de tous devant la loi, à fortiori devant la Loi suprême. Si je suis élu à la présidence de la République, et comme je suis légaliste, je m’engage à saisir le Conseil Constitutionnel sur la constitutionnalité du dit article. Si l’anti-constitutionnalité de l’article en question est confirmée, je m’engage à procéder à son abrogation.

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